Visite basque au Centre Culturel

Jean-Jacques Épron, Jean-Jacques Chevrier et Michèle Bouhet lors de la visite de Pantxoa Etchegoin et Koldo Amestoy à la Marchoise

Le mardi 19 juin, nous avons reçu la visite de Pantxoa Etchegoin, le directeur de l’Institut Culturel Basque. Nous avons signalé cette visite dans le précédent numéro de la March’Page. Comment cela a-t-il pu avoir lieu ? À vrai dire, tout commence en 2017, à Lezay, dans les Deux-Sèvres. C’est là qu’au sein de l’Union Régionale des Foyers Ruraux du Poitou-Charentes, naît le projet « Habiter, penser, raconter les territoires en citoyens en Nouvelle-Acquitaine ». Il est en quelque sorte l’expression locale du projet intitulé « Libère ta parole » et initié par la Confédération Nationale des Foyers Ruraux « suite aux constats de démobilisation citoyenne, à la montée de l’individualisme, et à la difficulté de faire vivre le débat démocratique ». Concrètement, 4 écrivains-conteurs, issus des Deux-Sèvres (Fred Billy), de la Vienne (Michelle Bouhet), de la Charente maritime (Sylvaine Zborowski) et du Pays Basque (Koldo Amestoy), partent dans les départements partenaires pour mener un collectage auprès des personnes indiquées par les collègues originaires des lieux. Ce collectage a pour but de questionner le rapport au territoire et à sa culture. Dans la Vienne, c’est Michèle Bouhet qui accompagne Koldo Amestoy dans cette mission. C’est précisément à l’occasion du travail réalisé sur Gençay par le conteur basque que la Marchoise a pu recevoir la visite du directeur de l’ICB. (La veille, Pantxoa a visité le siège de lUPCP ainsi que le CERDO). Après une brève présentation de l’histoire du Centre Culturel, à son tour Pantxoa Echegoin a présenté l’Institut Culturel Basque. Cette institution est née en 1990, sous la présidence de François Mitterrand et avec Jack Lang comme ministre de la culture. Pantxoa nous racontait que le Ministère était d’accord pour qu’un centre de la culture basque soit créé à condition que « la base », c’est à dire, le département, mais surtout les communes, participe financièrement à ce projet. À la grande surprise de tout le monde, plus de 90% de communes ont soutenu la démarche en acceptant une cotisation (calculée selon le nombre d’habitants) et en se constituant en Syndicat Intercommunal pour le soutient à la culture basque. Aujourd’hui, l’ICB compte 9 salariés, presque 1M d’euro de budget annuel, tout en sachant qu’il a la mission d’en distribuer une partie, sous forme de subvention, aux associations culturelles locales. L’ICB travaille à la sauvegarde, à la transmission et à la diffusion de la culture basque, mais il incite également à la création en accompagnant les artistes en voie de professionnalisation (accompagnement financier, résidences d’artistes, diffusion). Pantxoa nous a confié qu’il était épaté par les arts de la parole dans le Poitou, par les techniques de collectage (les collectages en Pays Basque n’ont commencé qu’en 1997 sur l’impulsion du département), ainsi que par la valorisation du collectage dans les projets de création artistique. C’est pour cette raison que nous pourrions être amenés à nous rencontrer à nouveau. Pierre Chevrier a attiré l’attention sur la dérive de la professionnalisation artistique au détriment du travail associatif et il a présenté plus en détail nos actions pour l’animation culturelle. Jean-Jacques Épron, délégué régional de l’Union des Foyers Ruraux est intervenu en dernier sur l’origine du projet de collectage et sur son objectif final : « diffusion [2019] des créations artistiques de proximité sur les 4 territoires pour ouvrir et nourrir le débat autour de Habiter, Penser, Raconter les Territoires en Citoyens en Nouvelle-Acquitaine ». Toute personne curieuse est bienvenue pour consulter la documentation apportée par nos invités.

Étiquettes : | | | | | | |